EcoRéseau francilien de Montreuil sous bois

Un exposé de Michel Piriou, de l’Eco-Réseau Francilien de Montreuil Sous Bois qu’il a tenu à partager sur le site Permatheque :

1ere partie – Mes Maîtres de Vie

Pour commencer mon exposé et parler de transition, de décroissance, de changement de paradigme, de toutes ces choses qui occupent le chaos de nos esprits, je voudrais d’abord citer mes maîtres de vie… principaux.

Socrate, Jésus, Bouddha et je rajouterais Freud… en effet, je considère Socrate comme le père de la philosophie et Freud comme le père de la psychanalyse. Personnellement je suis athée avec une tendance vers la philosophie bouddhiste dans ce qu’elle a de plus naturel au sens de l’harmonie avec le vivant. Pour moi, aucune séparation ne doit être faite avec le règne végétal et animal. Tout ce qui contribue à la vie sur terre et même au-delà fait partie intégrante de mon existence. Il faut essayer de penser le tout, la globalité, ne jamais l’évacuer de notre conscience autant que faire se peut. En cela, la lecture historique des évangiles, la vie de bouddha et son enseignement nous apporte des éclairages inédits et participent à notre éveil… certes si nous sommes le chemin, il nous faudra marcher longuement avant de nous éveiller véritablement. Mais, ne sommes-nous pas réunies ici pour cela ? Alors commençons.

Citations des maîtres; l’important n’est pas de vivre mais de vivre selon le bien, il y a plus de joie à donner qu’à recevoir, que tous les êtres soient heureux, ceux qui existent et ceux qui sont à naître. Le moi est au ça ce qu’une mare est à un océan.

 

Crises positives

Avant-propos ; Je m’interroge, être ou avoir?

La question est aussi vieille que la pensée et pourtant elle se pose aujourd’hui avec une acuité toute particulière. Nous sommes en effet plongés aujourd’hui dans une crise économique d’une ampleur rare qui devrait remettre en cause notre modèle de développement fondé sur une croissance permanente de la production et de la consommation. En tant que décroissant, il m’appartient de me positionner sur les tenants et les aboutissants de ces crises permanentes et structurelles, malheureusement. En tant que philosophe, ethnologue, penseur et citoyen je pressens qu’elle peut avoir un effet positif malgré des conséquences sociales dramatiques que beaucoup subissent et que nous observons tous. Le mot crise en grec signifie décision, jugement et renvoie à l’idée d’un moment charnière où cela doit se décider. Nous traversons un période cruciale où des choix fondamentaux doivent être faits, faute de quoi nos maux ne feront qu’empirer, psychiquement peut être, physiquement sûrement. Ces choix doivent être politiques à commencer par un nécessaire assainissement et un encadrement plus efficace et plus juste du système financier aberrant dans lequel nous vivons aujourd’hui. Ils peuvent aussi concerner plus directement l’ensemble des citoyens par une réorientation de la demande de biens plus écologiques et plus solidaires. La sortie durable de la crise dépendra d’une vraie détermination à changer les règles du jeu financier et nos habitudes de consommation. Mais ça ne sera sans doute pas suffisant, se sont nos modes de vie fondés sur une croissance constante de la consommation qu’il faudra modifier. Depuis la révolution industrielle et bien davantage encore depuis les années 60 ” les sixties” nous vivons dans une civilisation qui fait de la consommation le moteur du progrès, moteur non seulement économique mais aussi idéologique, le progrès c’est posséder plus. Omniprésente dans nos vies, la publicité ne fait que décliner ces croyances, sous toutes les formes: peut-on être heureux sans avoir la voiture dernier cri, le dernier modèle de home cinéma ou de téléphone portable, un ordinateur dans chaque pièce, une tablette et un nouvel un ordinateur portable pour paraître plus nomade. Cette idéologie n’est pour ainsi dire presque jamais remise en cause, tant que c’est possible pourquoi pas? Et la plupart des individus à travers la planète lorgnent aujourd’hui vers ce modèle occidental qui fait de la possession, de l’accumulation et du changement permanent des biens matériels le sens ultime de l’existence.

Lorsque ce modèle se grippe, que le système déraille, lorsqu’il apparaît que l’on ne pourra pas indéfiniment consommer à ce rythme effréné, que les ressources de la planète sont limitées et qu’il devient urgent de partager, quand il apparaît que cette logique est non seulement réversible mais qu’elle produit des effets négatifs à court et à long terme, on peut enfin se poser les bonnes questions: on peut s’interroger sur le sens de l’économie, sur la valeur de l’argent, sur les conditions réelles de l’équilibre d’une société et du bonheur individuel. En cela je crois que la crise peut et se doit d’avoir un impact positif. Elle peut nous aider à refonder notre civilisation devenue pour la première fois planétaire sur d’autres critères que l’argent et la consommation. Cette crise n’est pas seulement économique et financière mais aussi philosophique et spirituelle, elle renvoie à des interrogations universelles: qu’est-ce qui rend l’être humain heureux? Qu’est-ce qui peut être considéré comme un progrès véritable? Quelles sont les conditions d’une vie sociale harmonieuse? (dont Rousseau est sans doute le chef de file). Les traditions religieuses ont tenté d’apporter des réponses à ses questions fondamentales, mais parce qu’elles se sont enfermées dans des postures théologiques et morales trop rigides, parce qu’elles n’ont pas toujours été non plus des modèles de vertu et de respect de l’être humain, les religions, en particulier les monothéismes, ne parlent plus à nombre de nos contemporains. Force est de constater qu’aujourd’hui encore, de nombreux conflits et bien des violences exercés sur les personnes, sont le fait direct ou indirect des religions. L’inquisition médiévale ou le gouvernement islamiste de l’Iran actuel, donnent l’exemple de l’impossible réconciliation entre humanisme et théocratie. Et par delà le modèle théocratique, partout dans le monde les institutions religieuses peinent à répondre à la demande de sens des individus, leur offrant davantage du dogme et de la norme.

 

La question du bonheur véritable

La question du bonheur véritable, de la vie juste, du sens de l’existence, c’est posée pour moi assez tôt. Je devais avoir treize ans en mai 68 quand a éclaté ce qu’on a appelé la révolution de Vincennes, (pour la petite histoire elle a été détruite y compris les fondations, comme les romains avaient détruit Carthage, la ville natale d’Hannibal) du nom de la première université d’où est partie la contestation de l’ordre des aînés, comme j’aime l’appeler. Et puis les slogans dont celui-ci qui m’a fait réfléchir: nous ne voulons pas d’un monde où le risque de ne pas mourir de faim s’échange contre celui de mourir d’ennui…Plus tard j’en ai fait la teneur de l’un de mes articles. En tout cas la question était posée, celle que je me suis toujours posée depuis lors: qu’est-ce que je fous dans ce monde de merde et comment je vais faire pour rester zen…? Ensuite j’ai un peu évolué en me disant, quitte à être dans le bain, essayons d’en rendre l’eau plus propre, au moins je me sentirai utile et je donnerai du sens à mon existence…Depuis, les idéaux de mon enfance sont restés intacts et je ne les ai jamais remis en cause. Aujourd’hui je suis l’un des penseurs du mouvement de ” la décroissance” même si je fais assez peu parler de moi et si ne n’ai pas encore publié mon bouquin comme tout le monde…(je compte néanmoins en écrire un). Avant d’entamer le chapitre transition, j’aimerai finaliser ma conception de ce bonheur véritable avec l’aide de quelques maîtres…car cela nous concerne tous, l’éclairage vaut le détour et nous rapproche de notre thème, vous verrez.

Il en va ainsi de deux enjeux majeurs: la pérennité de notre biodiversité mais aussi une certaine capacité de convivialité planétaire. Au XXième siècle, on a vu de quelles horreurs les hommes étaient capables, alors qu’ils étaient comparativement peu nombreux et riches de ressources naturelles. Protéger la démocratie et la paix civile est une priorité si l’environnement se dégrade rapidement entraînant des situations “forcément inattendues et injustes”.

 

Lecture des guides du vivant

Je l’ai intitulé ainsi car ce titre me paraît plus exact que “guides de vie” trop pauvre et limité et c’est ainsi que je l’ai ressenti, comme je le ressens encore. La lecture du dialogue de Platon fut une véritable révélation, Socrate y parlait de la connaissance de soi, de la recherche du vrai, du beau, du bien, de l’immortalité de l’âme. Il abordait sans détour des questions qui me taraudaient et, il le faisait d’une manière qui me paraissait convaincante, à l’inverse des réponses toutes faites du catéchisme, imposé par les familles et les curés, les unes plus stupides que les autres. Un séjour à Lourdes où mes parents m’avaient amené visiter la grotte a achevé de me dégoutter quand, ayant fait le tour, j’ai vu derrière les moines entasser les billets dans d’immenses sacs, avec des rictus de satisfaction diaboliques. On peut comprendre pourquoi Jésus n’aimait pas les marchands du temple.

Quelques années plus tard, quand j’ai commencé à voyager, j’ai découvert l’Inde et ses multiples clans religieux, et particulièrement le bouddhisme… j’avais lu divers ouvrages mais je fus intéressé par celui-ci : l’enseignement du Bouddha d’après les textes les plus anciens de Walpola Rahula. Il ne coûte rien sur Amazon.fr.  Nouveau déclic, le message du Bouddha me parlait autant que celui de Socrate par sa justesse, sa profonde cohérence, sa rationalité, son exigence pleine de douceur. J’aurais pu en rester là tant ces deux là nourrissaient mon esprit mais, je m’étais toujours dit qu’il fallait que je jette un oeil aux évangiles. Il ne m’était pas possible de passer à côté d’un tel message qui avait réussi à perdurer, là où tous les autres avaient échoué. J’ouvris donc pour la première fois au hasard un évangile, je devais avoir 18 ans, celui de Jean. J’étais plus disposé et plus distancié à comprendre un homme exceptionnel qui avait vécu 3000 ans avant moi. Les paroles de Jésus s’adressent à l’intelligence de l’homme et à son cœur. Le choc c’est le décalage parfois abyssal entre un discours très avance sur son temps et les siècles des siècles, qui libère l’individu en le responsabilisant et, la litanie moralisatrice de tant de chrétiens, hommes d’église, qui enferme l’individu en le culpabilisant. C’est ainsi souvent qu’est délivré le “message”. Je suis allé un peu plus loin dans la lecture des évangiles des différents disciples et je me suis dit qu’en fait, là encore, les hommes d’influence et de pouvoirs n’avaient aucun intérêt à donner la bonne lecture historique. On nous sert du réchauffé bien mijoté, de l’opium du peuple. Du moment que ça marche, pourquoi pas?

Enfin, j’accorde une place spéciale à Sigmund Freud qui a su installer la psychanalyse comme une nouvelle discipline des sciences humaines dès 1920. Qui nous a ouvert les portes de l’inconscient et pour moi un nouveau monde bien plus vaste encore que celui qui m’entoure. Je pense personnellement que ce monde est véritablement une porte temporelle et cosmique, en relation directe avec l’univers lointain, à des milliards et milliards d’années lumière. Ce sont des connexions encore à trouver dans les profondeurs de notre cerveau, inexplorées.

J’ai appris à les fréquenter, à me frotter à leurs pensées, à méditer leurs actes, leurs différences et leurs convergences. Ces dernières m’apparaissent finalement plus importantes car malgré la distance géographique, temporelle et culturelle qui les sépare, leurs vies et leurs enseignements se recoupent sur des points essentiels. Ce témoignage et ce message qui m’aident à vivre depuis tant d’années, j’ai eu envie de les faire partager, de les partager. Je suis convaincu qu’ils répondent aux questions et aux besoins les plus profonds de la crise planétaire que nous traversons.

Car la vraie question qui se pose à nous est la suivante: l’être humain peut-il être heureux et vivre en harmonie avec le vivant dans une civilisation entièrement construite autour d’un idéal de l’avoir? Non répondent avec force mes maîtres à penser. J’en étais aussi intimement persuadé avant même de l’avoir conceptualisé. L’argent et l’acquisition de biens matériels ne sont que des moyens utiles quand ils sont nécessaires, mais jamais une fin en soi. Le désir de possession est par nature insatiable et, il engendre frustrations et violences. On dira que l’être humain est ainsi fait qu’il désire posséder ce qu’il n’a pas… Mais est-ce vraiment la vérité? Est-ce vraiment la réalité?

Je ne sais pas si parmi vous certains connaissent le cercle des économistes,    Il y a maintenant presque vingt ans, à l’heure où la politique du franc fort ne laissait de place à aucune alternative, le débat économique manquait cruellement.
Vînt alors l’idée de regrouper des économistes afin d’organiser un débat ouvert, accessible au plus grand nombre et conciliant réalisme politique, faits et rigueur des analyses. Voilà comment naquit le Cercle des économistes.

Le Cercle est aujourd’hui un acteur majeur du débat économique français, composé de 30 membres, tous universitaires qui ont exercé ou qui exercent des fonctions privées ou publiques. Chacun de ses membres a des approches et des compétences différentes, garantissant ainsi une richesse des débats mais une conviction les rassemble : la nécessité d’offrir un espace de dialogue démocratique entre économistes et citoyens à travers différentes activités. Le cercle a organisé Les Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence 2013 5, 6 et 7 juillet 2013. ” Le choc des temps”. L’économie mondiale, entre urgences et long terme », a été le thème de la 13e édition des Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence. La politique, la finance, l’industrie, l’éducation, la recherche ou le développement s’inscrivent dans des temps différents mais doivent cohabiter. Aujourd’hui, les urgences s’accumulent et appellent des réponses ; mais comment les concilier avec la nécessité d’imaginer et de préparer le long terme ? Pendant trois jours, universitaires, politiques, chefs d’entreprise, étudiants, représentants des institutions nationales et internationales ont débattu des enjeux, de la gouvernance de ces différents fuseaux et des chocs qu’ils peuvent provoquer. l’ambition de ces trois jours est de contribuer à une meilleure compréhension des problématiques économiques mais également de tirer les leçons de l’histoire, de porter un regard critique sur l’économie mondiale actuelle et de déterminer les actions qui influeront sur l’avenir de notre société et de nos entreprises. Dans cette optique, nous avons invité cent étudiants de 18 à 28 ans à participer aux 13es Rencontres économiques. Ils ont été sélectionnés parmi les centaines d’étudiants de toute formation, de tout niveau, de toute région, qui ont participé à l’initiative “Inventez 2020, la parole aux étudiants”, lancée par le Cercle.  En résumé voilà un peu ce qu’il ressort de la tête d’une centaine de jeunes : Le Cercle des Economistes

“Dans quel monde voudrions-nous vivre en 2020 ? De but en blanc, et tous en chœur, nous dirions : un monde plus compréhensible, moins verrouillé, plus souriant. Oui, plus souriant. Nous sommes unanimes : le commandant de bord a perdu de vue la finalité de notre voyage. La croissance ? Non, justement, le bonheur. Et le commandant de bord, qui est-il ? Qui tient les rênes ? A dire vrai, nous n’en savons rien. Mais formuler notre malaise, c’est déjà trouver des réponses. Je souhaite avant toute chose décrire notre perception du monde actuel et nos insatisfactions. Au fil du temps, nous avons cherché un moyen de maximiser le bonheur individuel et collectif. Nous en sommes arrivés à un système de production, de consommation, et d’échanges perçus comme le moins pire de tous : le capitalisme. Financier, qui plus est.

Pourtant, si la recherche du bonheur nous a conduits à préférer ce système économique, en aucun cas sa conséquence directe (la recherche de la croissance) n’embrasse en totalité sa cause première (la recherche du bonheur). Rationnellement, donc, ce serait une erreur de confondre les deux : il n’y a pas de réciprocité dans cette relation de causalité. Pourtant, l’amélioration de nos conditions de vie est longtemps allée de pair avec la croissance économique, si bien que nous avons fait l’amalgame. Mais nous entrons dans une phase de renversement, due notamment au rééquilibrage progressif des rapports de force géoéconomiques, à l’intérieur de laquelle se battre pour des dixièmes de point de croissance peut engendrer une perte significative de bien-être social. Nous ne sommes peut-être pas si Homo economicus que cela.*

POUR UNE MAXIMISATION DU BONHEUR SOCIAL

Aujourd’hui, nous devons d’un côté estimer les efforts fournis par rapport au gain de bien-être (peut-on faire mieux ? Peut-on être plus productif, plus compétitif ?) et de l’autre, sortir de cet amalgame afin de revenir à des réflexions plus basiques pour fonder un nouveau modèle ou, plus sagement, ajuster le modèle actuel.

Parce que l’économie contraint, de nos jours, la politique et régit une part importante de nos relations sociales, vous, économistes, êtes dotés d’immenses pouvoirs. Vous êtes les théoriciens et analystes d’un modèle quasi omnipotent.

Voltaire disait : “Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.” Cela fait sens sans trop de difficultés. Continuer d’agir uniquement en scientifiques serait donc une grave erreur morale car les pouvoirs qui vous sont conférés sont ceux de “bonheuristes” (je m’autorise le néologisme). Vous vous devez donc d’être à la fois scientifiques et philosophes.

Les populations, et les nouvelles générations en particulier, n’attendent donc plus uniquement des économistes l’analyse des tenants et aboutissants de l’économie afin d’en comprendre les soubresauts et d’en initier les ajustements. Nous attendons aussi de vous la conception des modèles économiques à venir, dont la finalité doit être la maximisation du bonheur social. C’est un rôle qui, je pense, n’est pas pleinement assumé à ce jour, y compris au sein du Cercle des économistes.

En effet, quel est le but des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence ? Historiquement, la réponse est “stimuler le débat économique”. On pourrait ainsi penser que la finalité est scientifique, que ces Rencontres ne sont qu’un grand remue-méninges autour d’un sujet cloisonné : l’économie.

Ce serait faux. La question posée ici aux 18-28 ans est “Dans quel monde aimeriez-vous vivre ?” En d’autres termes, vous nous demandez de décrire l’espoir que nous avons d’être heureux dans la société de demain. Le sujet sous-jacent de ces Rencontres économiques est donc bien ce projet de recherche du bonheur collectif. Et pourtant, il n’est fait mention ni du bonheur, ni du “bien-être social”, ni de la qualité de vie dans les 23 sessions des Rencontres. Alors que tous les regards sont tournés vers vous sur ces sujets.

Au risque de paraître primaires, nous, les “djeuns”, voulons sourire ! Nous voulons être heureux ! Nous voulons une économie du bonheur et non pas seulement une économie de la croissance ! Nous voulons un modèle durable afin de se sentir en sécurité.

DES PRIORITÉS ACTUELLEMENT MAL HIÉRARCHISÉES.

Rechercher la croissance ? Si et seulement si cela a un impact positif sur notre qualité de vie : nous ne voulons pas perdre de vue ce qui nous rend réellement heureux, ou au contraire ce qui nous rend malheureux. Le fait que notre bonheur se mesure mal n’est pas une excuse selon nous.

Cette idée qu’une confusion est faite par notre société entre croissance et bonheur est férocement ancrée dans l’inconscient de la jeunesse française. Nous ne comprenons pas la finalité du travail que l’on nous propose. De notre point de vue, tout cela est irrationnel : le travail pour la croissance, la croissance à l’infini, la compétitivité tête baissée. Non, croissance et bonheur ne sont définitivement pas synonymes.

Bref, nous, génération Y :

– sommes heureux d’avoir accès aux nouvelles technologies ;

– sommes heureux d’avoir un smartphone, une console de jeux, un ordinateur portable, de quoi manger, une éducation quasi gratuite et sommes conscients d’être une génération pourrie-gâtée, bien loin du mythe de l’orange de nos parents ou grands-parents ;

– ne comprenons pas qu’il faille prendre des somnifères et mettre des boules Quies pour dormir, boire des bols de café pour rester éveillé, faire deux heures de transport par jour si ce n’est plus pour pouvoir travailler, être stressé en permanence, prendre des antidépresseurs et frôler chaque jour la crise de nerfs afin d’avoir accès à ces douceurs technologiques.

En d’autres termes, nous pensons que les priorités sont actuellement mal hiérarchisées.

Nous avons conscience d’avoir atteint le sommet de la pyramide de Maslow. Mais les éléments des échelons inférieurs tombant en ruine (logement, santé, sécurité, etc.), la situation nous paraît parfois absurde. Nous sommes décontenancés lorsque nous rencontrons des jeunes de pays en développement souriant comme jamais nous n’avons souri. Nous nous disons que les choses ne sont peut-être pas faites dans le bon ordre ici. Ou peut-être la satisfaction matérielle ne compense-t-elle pas ce sentiment d’une liberté bafouée, cette impression que nous avons de marcher sur des chemins tout tracés qui nous apportent beaucoup d’insatisfaction au bout du compte.

UNE GÉNÉRATION CONSCIENTE DU MONDE QUI L’ENTOURE

Nous sommes fatigués de tourner en rond au dernier étage de cette pyramide. Nous y sommes enfermés, bloqués. Au moindre dérapage, nous nous imaginons dégringoler tous les échelons en même temps. Emploi, argent, voiture, logement, famille parfois. L’exclusion guette. Nous nous sentons donc condamnés à vivre à toute vitesse, contre notre gré. Nous sentons le vent du boulet et comprenons que dans notre société, il n’y a pas de demi-mesure, il faut courir de toutes ses forces.

Nous rêvons d’échapper à tout cela car nous nous sentons tout sauf libres. Au Bangladesh, au Gabon, nous ne trouvons peut-être pas le confort auquel nous étions habitués, mais travailler dans des ONG et voir ces sourires réchauffent si bien le cœur que nous abandonnons volontiers tous ces biens matériels. Au Brésil, en Australie, le travail se fait de façon si souriante, si détendue et l’environnement est si agréable que même des semaines de cinquante heures ne viendraient pas à bout de notre bonne humeur. Aux États-Unis, nous sommes satisfaits de l’argent que nous gagnons et nous savons que le marché de l’emploi connaît un roulement important. Bien sûr, ces perceptions sont idéalisées et chacune de ces destinations offre son lot de désavantages, mais c’est le sentiment que nous en avons. C’est ce qui permet, par contraste, de mettre en lumière les choses que nous souhaiterions voir évoluer d’ici à 2020.

L’une des caractéristiques les plus importante de notre génération est notre connexion au monde. Cela a un impact substantiel sur nos attentes. Sans parler d’intelligence, jamais une génération n’aura été aussi consciente du monde qui l’entoure. C’est aussi ce qui engendre une certaine incompréhension : être conscient, c’est aussi savoir qu’on ne sait pas.

Nous sommes témoins de la diversité du monde, et nous comparons les modes de vie grâce à des contenus de qualité : photos, vidéos, articles, témoignages… C’est en se comparant à certains pays en voie de développement que nous prenons conscience de notre chance. De notre superficialité parfois.

Une partie grandissante de la jeunesse s’intéresse ainsi au monde associatif, humanitaire, à l’entrepreneuriat social. Il ne s’agit pas de cas isolés, mais bien d’une tendance : beaucoup de jeunes veulent donner du sens à leur vie professionnelle. A ce titre, l’économie sociale et solidaire est attirante. Le Prix Nobel de la paix Muhammad Yunus est devenu un mentor, une icône pour un grand nombre d’entre nous. Son concept de “social business”, sensé nous conduire “vers un nouveau capitalisme”, séduit (pas de perte, zéro dividende). Résoudre des problèmes sociaux tout en ayant un résultat financier modérément bénéficiaire nous semble conciliable. La dépendance de la plupart des associations et ONG aux dons nous est insupportable : nous affectionnons les modèles stables, durables.

(Si vous voulez consulter quelques proses des jeunes lauréats, j’ai ici des exemplaires…Vous trouverez également mes coordonnées dans la petite corbeille, mais ne pas en abuser. Avant d’entamer la deuxième partie nous allons faire une pause. Je propose que nous la mettions à profit pour lancer un mini débat par rapport au positionnement de la jeunesse, entre vous). N’hésitez pas à faire connaissance.

2ème partie

L’être

Ainsi vous constatez que nous aspirons tous à plus de bonheur…J’irais même plus loin, nous recherchons tous le bonheur sur terre. Or une fois nos besoins essentiels assurés, se nourrir, avoir un toit et de quoi vivre décemment, l’homme à besoin de rentrer dans une autre logique que celle de l’avoir pour être satisfait et devenir pleinement humain; celle de l’être.

Il doit apprendre à se connaître et se maîtriser, à appréhender le monde qui l’entoure et à le respecter. Il doit découvrir comment aider, comment vivre avec les autres, gérer ses frustrations, acquérir la sérénité, surmonter les souffrances inévitables de la vie mais aussi se préparer à mourir les yeux ouverts. Car si l’existence est un fait, vivre est un art, un art qui s’apprend, en côtoyant les plus sages d’entre-nous et en travaillant sur soi. Socrate, Jésus, Bouddha et Freud m’ont appris à vivre… Bien d’autres qui sont vivants m’apprennent à vivre…Je peux apprendre vivre à d’autres moi aussi et ainsi de suite. La chaîne doit se créer et se dérouler… C’est la raison de ma présence ici, pour ainsi dire ma mission. Je disais au début que le mot crise en grec signifie décision, jugement et renvoie à l’idée d’un moment charnière où cela doit se décider. Nous sommes dans la période cruciale où des choix fondamentaux doivent être faits.

Qu’allons-nous faire pour augmenter notre être afin d’équilibrer notre avoir?

Je reste persuadé que seule la recherche de l’être et de la responsabilité individuelle et collective peut nous sauver de nous-mêmes. Mon message est centré sur l’être individuel et sa croissance, sans nier sa nécessaire inscription dans le corps social. Le dosage idéal serait celui qui mélange harmonieusement l’amour, la liberté, la connaissance de soi et le respect d’autrui. Bien sûr, arrivé là, je pourrais vous dire qu’après je n’ai plus que des pages blanches et qu’après tout, c’est à vous d’écrire la seconde partie. On peut faire comme ça…

J’invectivai la finance mais concrètement qu’est-ce que je propose? Je crois déjà que pour augmenter notre être il faut diminuer la finance…

Neuf propositions… d’INSTRUMENTS FINANCIERS INTELLIGENTS…

Première proposition : créer un statut légal d’entreprise conforme à la définition que donne M. Yunus du “social business” de type I : “Une entreprise rentable, ne distribuant pas de dividende et dont le but est social, éthique ou environnemental.”Cela a été fait aux États-Unis.

Deuxième proposition : créer une Bourse de “social business” en France, gérée publiquement, afin de donner la visibilité nécessaire à ces entreprises, et leur faciliter l’accès aux fonds.

Troisième proposition : lancer, en complément des deux propositions précédentes, des “social impact bonds”, des instruments financiers d’une intelligence remarquable, qui ne présentent que des avantages pour l’État : le privé se penche sur les problèmes sociaux, éthiques, environnementaux, et il est récompensé financièrement en cas de succès.

Ce faisant, les entreprises du “social business” devraient en théorie supplanter à long terme les entreprises classiques car, bien que se développant plus lentement, elles réinvestissent la totalité des sommes perçues soit dans l’amélioration de la qualité du produit ou du service, soit dans la baisse des prix proposés aux clients. Les actionnaires, quant à eux, veillent à ce que l’entreprise soit correctement gérée.”

Les NTIC nous fédèrent autour de causes qui nous tiennent à cœur et contribuent à gommer les frontières. C’est la première évolution à prévoir dans les années à venir : mobilité accrue et part grandissante de travailleurs dans l’économie sociale et solidaire. Mais les technologies sont aussi un outil d’individualisation incroyable.

En effet, la tendance à la centralisation des tâches et à leur simplification sur le web fait émerger de nouvelles tendances : les « freelances » qui travaillent seuls proposent leurs services à distance ; le « crowdfunding » permet aux particuliers de devenir actionnaires d’entreprises non cotées ; l’« open innovation » permet à chacun d’apporter ses compétences autour d’un projet morcelé.

Être son propre patron devient un jeu d’enfant : chacun peut avoir un site internet en quelques clics ; une vidéo de présentation sur Youtube ; un logo ; remplir ses statuts ; étudier la concurrence ; faire sa communication via les réseaux sociaux. En d’autres termes, les NTIC sont à l’origine d’une tendance qui devrait se confirmer dans les années à venir : « l’entrepreneurialisation » de la société. Cette analyse est confortée ces dernières années par l’augmentation impressionnante des créations d’entreprises et le succès indéniable rencontré par le statut d’auto-entrepreneur. En une décennie, le nombre de nouvelles entreprises a quasiment triplé.

Quatrième proposition : Continuer la simplification des démarches de création en proposant des statuts tout faits, une comptabilité et une fiscalité simplifiées, voire assistées, et élargir la possibilité de créer une société à des associations de deux voire trois personnes, avec une répartition automatique du capital : 50/50 et 33/33/33.

Chaque aspect de la société qui nous est incompréhensible est une nouvelle source de frustration et de fatigue. Donc oui, nous voulons vivre dans un monde plus simple et dans lequel nous consacrons moins de temps aux tâches inutiles !

Ceci est également valable pour les salariés qui ne veulent pas créer leur entreprise et qui ne souhaitent pas passer leur vie dans les transports, la foule, le bruit. Ce sont des choses épuisantes qui nuisent considérablement à notre santé, notre productivité, notre compétitivité. Une heure de transport étant par ailleurs bien plus fatigante qu’une heure de travail.

Cinquième proposition : Développer le télétravail dans les grandes métropoles, en encourageant les salariés à travailler non pas chez eux, mais dans des bâtiments de quartiers dédiés (espaces de « co-working) » et à l’intérieur desquels seraient proposés des services complémentaires (crèches par exemple). Cette proposition permettrait en outre de désengorger les centres-villes, ce qui est une autre question stratégique quant au bien-être social et la compétitivité.

Sixième proposition : Centraliser les solutions de covoiturage professionnel et encourager les entreprises à proposer ces solutions à leurs salariés.

Septième proposition : Contraindre légalement les entreprises dédommageant les kilomètres effectués par leurs employés à maintenir ce dédommagement en cas de covoiturage, ce qui constituerait alors un léger complément de revenu.

Un sujet enfin a toujours été crucial pour la puissance économique d’un pays : l’éducation. J’ai quitté l’enseignement secondaire il y a peu. J’ai pu y constater que nos enseignements sont largement déconnectés de la réalité du monde professionnel et qu’il n’est pas rare d’étudier certains sujets sans aucune justification.

N’importe quel élève de l’enseignement secondaire vous le dira : « je ne vois pas à quoi ça sert ! ». Ce genre d’interrogations me paraît très saine, et reste bien souvent sans réponse durant toute la durée de la scolarité secondaire. Les élèves apprennent donc des choses dont ils ne perçoivent pas la pertinence. Ils sont donc moins intéressés, plus dissipés, et assimilent mal les enseignements. Il est primordial de montrer l’intérêt intellectuel de leurs cours aux élèves.

Huitième proposition : Enseigner l’histoire des mathématiques et de la physique simultanément à la théorie. Les élèves doivent comprendre ce qu’ont été les problèmes rencontrés par les contemporains afin d’en saisir la pertinence et de développer leur propre curiosité.

Ken Robinson, spécialiste britannique de l’éducation, est d’avis que l’école remplit ses objectifs en matière d’alphabétisation, mais tue la créativité. Je partage cet avis. C’est vrai pour les arts, c’est également vrai pour l’entrepreneuriat.

Neuvième proposition : Inviter les étudiants à créer des projets chaque année. D’abord simples, puis de plus en plus sophistiqués au fil des années. Il ne s’agit pas de former uniquement des entrepreneurs, mais de former 100 % d’élèves initiateurs, proactifs et qui comprennent les problématiques de l’entreprise.

Mais il faut aussi éviter FRUSTRATION ET FATIGUE en France

Cette tendance se poursuivra dans les années à venir si des efforts de simplification et de communication sont faits sur le plan politique. Aujourd’hui, les technologies simplifient la quasi-totalité des étapes de la gestion d’entreprise. Les principales barrières à la création sont maintenant le choix des statuts, la paperasse légale, la comptabilité et la fiscalité. Ces aspects sont souvent castrateurs pour l’entrepreneur en devenir qui sera finalement découragé. Le saut de créations d’entreprises constaté entre 2008 et 2009, dû à l’entrée en vigueur du statut d’auto-entrepreneur, est extrêmement révélateur : la France dispose d’un incroyable réservoir d’entrepreneurs, frustré et découragé par la complexité des démarches à faire, ainsi que par les coûts des cabinets juridiques et comptables à un stade de la création auquel l’entrepreneur dispose généralement de ressources limitées.

Oui, je sais ce que vous pensez…Et l’amour, et la liberté…la connaissance de soi…Il n’y a pas qu’un seul chemin qui mène à Rome…tous les chemins ne mènent pas à Rome, puisque le chemin, je l’ai dit, c’est vous. Je suis le chemin…Je suis le créateur… Le créateur de mon propre monde…enfin plus propre… quitte à être dans le bain.

Le chemin des décroissants ne mène pas à Rome et leurs propositions s’écartent des sentiers battus comme par exemple la DIA, la dotation inconditionnelle d’autonomie pour rééquilibrer la balance, une dotation pour une décroissance des inégalités.

Par sa mise en place, la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie permettrait à tout individu de bénéficier de conditions de vie décentes et dignes en favorisant l’autonomie de chacun tout en faisant cesser la dépendance au travail salarié. De même, on sortirait du cycle infernal de l’exclusion voir de l’humiliation liée à un chômage grandissant surtout chez les plus jeunes. En étant versée automatiquement à toutes et tous, elle n’entraîne aucune exception de fait ou de droit. La DIA renforce le système de protection sociale dans son ensemble car elle assure un socle de biens et de services essentiels. Elle sécurise la vie humaine pour devenir une pièce maîtresse d’un nouveau modèle social car ni un emploi, ni les aides sociales classiques ne peuvent prétendre garantir un droit à l’existence digne. La DIA créerait ce lien de solidarité indispensable entre tous les membres de la société.

En outre, cette dotation s’accompagnerait obligatoirement de l’instauration d’un Revenu Maximal Autorisée (RMA) dont le montant devra être discuté démocratiquement dans l’optique de lutter contre les écarts de revenus, parce que la Décroissance en politique vise bien la décroissance des inégalités. Ainsi, en étant reçu par tous sans plafond de ressources mais imposable et donc récupérable entièrement par la fiscalité, la DIA permettrait de réduire les inégalités. A ceux qui pensent que le RMA serait obsolète si la DIA était en vigueur car, dans ce cas, les inégalités seraient moins choquantes puisque tout le monde disposerait des conditions matérielles pour vivre dignement et décemment, nous leur rétorquons que le RMA est également un moyen de réduire l’impact écologique des plus riches, d’éviter de scandaleux gaspillages et d’outrancières pratiques et surtout de rompre avec à la crise économique et sociale qui touche de plus en plus de citoyens et surtout face aux crises à venir, il est nécessaire de redonner de la sérénité et de la sécurité. En effet, la peur du lendemain, la souffrance engendrent replis identitaires, haines, violences, frustrations et n’ont que peu de chance de créer les conditions d’une transition démocratique. Il faut ainsi redonner de l’espoir, de la sérénité et protéger afin de faire ressortir ce qu’il y a de plus positif, de constructif en nous, de créer des solidarités et de rendre cette transition participative. En opposition avec la place qu’a pris dans nos imaginaires le mode de vie des plus aisés.

N’est-ce pas ce que disent mes maîtres à penser…pour davantage d’être? N’est-ce pas le thème de ma conférence? Vous voyez que j’y suis revenu.

Mais il faut bien conclure et ouvrir une prospective

Nous sommes des millions de révolutions tranquilles… Quand nous nous associons, quand nous participons à des associations, quand nous oeuvrons à des projets d’utilité publique, quand nous nous engageons pour des causes sociales, humanitaires, quand nous cultivons notre jardin, quand nous faisons pousser des fermes, quand nous nous lançons dans l’auto-construction…en un mot comme en mille quand nous faisons ce pas de côté salutaire, quand nous mettons un pied dans le nouveau monde, le monde parallèle en filigrane et en devenir auquel nous aspirons tous pour être heureux. Ce monde que nous construisons sans toujours en être persuadé ni conscient. C’est à cela que je vous invite… à en être persuadé et plus conscient chaque jour davantage. En vérité je vous le dis, ce monde c’est votre chemin, votre prochain de chemin de vie. Tous ensemble il nous appartient de l’emprunter et, comme disait Saint Exupery:  “Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants”.

En 1968 on hésitait à qualifier le mouvement spontané de révolution ou de révolte… Aujourd’hui il s’agit bien d’une guerre à mener et d’une insurrection des consciences…Indignez-vous le plus possible mais ne le faite pas tout seul dans votre coin et surtout n’en restez pas là : cogitation, action, rétro cogiaction, innovation, retro innovation…Créer le monde que nous voulons est un mode d’action bien plus subtil, mais plus puissant que détruire celui dont nous ne voulons plus.

La morale de cette histoire si demain est un autre jour… c’est que par delà les notions de bien et de mal, il y a un champ. Un autre champ en-deça de la communication aliénante de notre monde polarisé, de notre monde du jugement permanent, de l’évaluation permanente et le plus souvent chimérique. Nous jugeons les autres pour déterminer qui est bon, mauvais, normal, anormal, responsable, irresponsable, intelligent, ignorant… notre attention se porte sur la classification, l’analyse et l’évaluation des torts de l’autre. Il est important de ne pas confondre jugements de valeur qui reflètent nos convictions profondes comme la liberté, la paix, l’honnêteté, sur la façon de servir au mieux la vie et, jugements moralisateurs sur les comportements.

La nuance est d’apprendre à exprimer nos besoins et nos valeurs plutôt que d’attribuer des notes. Certes la violence est un mal, mais on peut toujours la contourner autrement en public pour créer notre chemin par des paroles, des mots comme; je redoute l’usage de la violence pour résoudre les conflits et employer ceux qui correspondent à nos valeurs pour les dénouer, aller au-delà du champ dans nos rapports qui “sont encore humains”.

Je termine par cette citation: La terre est un paradis, l’homme son enfer…les forêts le précèdent, les déserts le suivent… jusqu’à présent.

Michel Piriou

Montreuil sous bois le mercredi 7 août 2013

 

Visiter le site de l’Eco Réseau de Montreuil Sous Bois

Vous aimez cet article ? N'hésitez pas à le partager :
  • facebook
  • googleplus
  • twitter
  • linkedin
  • linkedin
  • linkedin
Et à soutenir Permatheque :

Laisser un commentaire